Tu cherches a fuir quoi ?

Pardon ?

Tu entends quoi par là ?

T’es prête, t’as envie de partir, tout est planifié. Tu sais a peu près ce qui va se passer, en tout cas, où tu vas, par quoi tu commences. Tu n’as qu’une hâte c’est d’endosser ton backpack à la conquête du monde.

Tu préviens tes proches, tu expliques et racontes ton projet. Tu anticipes les questions et d’un enthousiasme débordant tu embarques tout le monde dans ton trip. Puis tu préviens ta famille. »Mais en fait, tu devrais te poser les bonnes question. Tu cherches a fuir quoi ? ». Ah. Très bien.

Et là, tu te prends le choc des deux mondes. Celui du voyage, du désir d’évasion et de l’utopie du possible VS celui de la raison, du quotidien et de l’angoisse qu’il provoque. Ton insouciance de la route perd de la clarté, elle se confronte à la réalité qu’on te renvoie.

Tu affrontes les questions et interrogations de l’entourage qui cherche a comprendre pourquoi tu voyages, pourquoi tu veux partir, pour y faire quoi, et comment. Des questions où toi même tu n’as pas forcément de réponse, que tu appréhendes aussi par l’inconnu qu’elles soulèvent, que tu as anticipé mais auxquelles tu n’as pas envie d’apporter d’éclairage… Tu te perds dans un tourbillon de concret qui vient entacher quelque peu la quiétude que tu recherches.

Puis tu vis. Tu découvres. Tu rencontres. Tu avances.

Tu rentres. L’ailleurs d’où tu viens n’est plus. La vie continue son histoire. Tu réintègres ton quotidien d’ici. L’aventure se raconte, se visualise, mais des questions subsistent. « Ça y-est tu es contente? Bon tu vas faire quoi maintenant? Tu vas enfin chercher du travail ? ». Ah. Très bien.

Et là tu es dans l’entre deux monde. Il y a l’avant que tu étais, celui dans lequel on veut que tu sois, et celui où tu es. Le temps est suspendu dans cette dimension.

« le retour fait parti du voyage » – avec tout ce qu’il comporte-

Une amie me le susurre au détour d’un message. Tout devient plus léger. Tu acceptes de jouer le jeu. Tu réponds aux questions, tu esquisses des sourires, tu réponds aux attentes et tu penses secrètement à ton prochain départ. Tu te surprends a aimer le fameux « c’était bien ? », il te transporte à chaque fois dans cette bulle que tu as confectionné avec une surface la plus fluide et brillante possible sur un fond de vérité et d’intensité. Le tourbillon du voyage bouillonne en toi mais ne peut se traduire que par un sourire timide. La route est encore longue.

« Partir un jour, sans retour »

Photo & Texte © KanCKonYva
Publicités

9 commentaires Ajoutez le vôtre

    1. kanckonyva dit :

      Merci d’avoir porté de l’intérêt pour cet article en le partageant. Ce récit assez personnel parle de l’étrange envie de voyager et de la confrontation à son quotidien quand on passe le pas vers l’ailleurs.

      J'aime

  1. artsmaridi dit :

    Je me retrouve dans ce texte qui me laisse songeuse… c’est fascinant comment quelqu’un d’autre, quelque part semble rencontrer les mêmes défis. Une histoire à suivre…

    Aimé par 1 personne

    1. kanckonyva dit :

      Je parlais l’autre jour avec une amie de la difficulté mais du défi que c’est que de faire le pas vers l’ailleurs. Et toutes ces questions et confrontations que l’on doit faire face pendant que le pas ce fait font parti du départ… Histoire a suivre, histoire fascinante de l’ailleurs, de l’inconnu et de l’autre possible, continuons cette histoire et go 😉

      J'aime

  2. oldpoet56 dit :

    Very good piece of philosophy, it was a good read. I am going to reblog this one for you.

    Aimé par 1 personne

    1. KanCKonYVa dit :

      What a wonderful words !
      Thanks for this one !
      I hope we’ll can share an other text of our life experience 🙂
      See you

      J'aime

  3. oldpoet56 dit :

    A reblogué ceci sur Truth Troubles: Why people hate the truths' of the real worldet a ajouté:
    This is a very good piece of philosophy, hopefully you will enjoy it also.

    J'aime

  4. Eve dit :

    Il y a en général un fossé, que dis-je ! un gouffre entre ce que dit notre raison et notre cœur. Mais quand j’y pense, et avec l’expérience modeste de mes 20 années, je me rends compte que les meilleures décisions ont été prises avec mon coeur – quand on laisse les angoisses de côté. Et voyager, c’est souvent comme ça : on veut de tout coeur partir, mais les détails pratiques, financiers, les peurs nous enlisent…
    C’est beau que tu soies partie. Mais je ne doute pas que d’autres beaux voyages t’attendent 😉

    Aimé par 1 personne

    1. KanCKonYVa dit :

      Un gouffre c’est exactement ca ! 🙂
      Ils nous enlisent mais sont surmontables et ne doivent jamais dépassé l’envie de. Tout devient si futile finalement face à l’immensité !
      Tu tapes dans le 1000, le voyage me tend une nouvelle fois les bras et si tout va bien il sera pour janvier …. Attente de réponse imminente, croisons les doigts parceque ce coup ci il ne dépend pas que de moi 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s